Amusement

Synthèse de Marie-Antoinette

Adolescente déficiente surdouée, Marie-Antoinette avait une problématique transgénérationnelle dont personne ne trouva avec certitude la clé, même dans le seizième.
Elle présentait, sur le plan psychomoteur, des difficultés de coordination céphalo-caudale ainsi que des troubles de la statique dynamique.
Son stock lexical progressait régulièrement dans la stagnation.
Elle papillonait comme une chrysalide, avait la tête ailleurs, sans se la monter ni se la casser.


S'il advenait qu'elle vit un billard, elle se dirigeait vers lui, l'appelant "billot", et, le buste vers lui penché, elle saisissait l'une de ses queues qu'elle agitait comme une hache en répétant "quel procédé ! quel procédé !...", sans que l'on put savoir si, par cette exclamation, elle parlait d'une coutume archaïque ou de l'extrémité de ce qu'elle avait en main, puisque son embout ainsi se nomme. On ne pouvait dire, en tout cas, que cette conduite n'avait ni queue ni tête, même si, en l'occurence, celle-ci appartenait à celle-là.

Elle avait surtout une passion perverse, celle d'adorer les chats faux dont elle se plaisait à indéfiniment recoller les morceaux. Manie qui fut à l'origine du travail du docteurTronche: remarquable et insignifiante étude de cas pitée qui suscita un débat que les arguments aiguisés des uns et des autres spécialistes ne permirent pas, sur le coup, de trancher.
S'agissait-il d'une crypte apparente, d'un défoulement refoulé ou d'un tic étiqueté TOC ?

Les personnels s'occupant de Marie-Antoinette se tapaient les uns la caboche, d'autres la cafetière et certains le carafon, ce qui, au total, faisait quand même orchestre, dirigé par un chef branlant mais à l'âme élevée, surnommé Guy hautain.
Tous évaluaient régulièrement à l'occasion leurs pratiques théoriques à partir d'indicateurs variables qui ne dénonçaient chez cette patiente aucune innocence fautive. Leurs bonnes pratiques étaient-elles mauvaises ?
Ils firent appel à un superviseur incontrolé dont l'aveuglement ne les éclaira guère.

Après le recours à l'hypnose hyper-vigile, au cri primal secondarisé, au rebirth avorté, au reconditionnement à renforcement souple, au génogramme anhistorique, à la relaxation hypertonique, à une analyse systémique déstructurée, il lui fut proposé une psychothérapie non soignante dans le but de lui permettre d'approfondir superficiellement la question qu'elle ne se posait pas sur les origines de cette déviance réglée.

Au décours de ce travail ludique, il apparut que Marie ne pouvait se détacher de "L(o)ui(s)", que Marie rima avec mari, et que, dans cette union divisée, Marie ne pouvait renoncer à Louis dire: "en toi nette". Et que nets, ils le furent, coupés, tous deux. Ce qui s'appelle, au sang propre, "se mettre en quatre".
Sornettes, dirent les sceptiques; sort nette, dirent les fidèles.

Billevesée que cette histoire d'une adolescente qui d'Autriche n'était peut-être point, mais de l'autruche pouvait avoir, comme l'on dit, comme nous tous peut-être, la politique, et qui criait depuis le sable, pour ignorer le sablier: "ainsi je ne suis pas coupable!".

Sous peine d'enlisement, nous dirons, par dénégation, qu'aucun rapprochement avec un personnage ayant existé n'est à faire et qu'il n'y a pas à se prendre la tête avec cette calembredaine.


Maurice Villard
2009




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