Quelques remarques
à propos de la proposition des syndicats employeurs
de rénover la Convention Collective 66

Novembre 2009.

La dernière mouture des propositions employeurs me paraît plus floue et donc un peu plus ouverte que la précédente.


Mais attention à la notion de "positions intermédiaires" qui peut, comme certains l'ont souligné, accroitre la concurence entre salariés et permettre éventuellement de remplacer des personnes véritablement qualifiées, mais plus chères, par d'autres ayant acquis un "petit plus" de qualification, payées donc un peu plus que ce qu'elles l'étaient auparavant (et nettement moins que le véritable spécialiste).


Les salaires seraient en début de carrière plus élevés, nous dit-on, mais, comme le pourcentage d'ancienneté est fortement prévu à la baisse, il faut faire la moyenne sur l'ensemble de la carrière et voir si le salarié ne serait pas au total perdant.

Il n'est toujours plus question des congès trimestriels. Mais de pénibilité éventuelle. Ces jours trimestriels sont indispensables aux personnels travaillant auprès des enfants et adolescents (et encore plus aujourd'hui qu'hier étant donné l'aggravation des troubles des populations reçues), et indispensables évidemment à ces derniers (beaucoup sont d'ailleurs absents dans les périodes de congès scolaires où les IME sont ouverts).

 

 

4 Mai 2009. La tribune du directeur général du SOP, en date du 27 avril 2009, est des plus explicites et montre que les notions de diplôme, d'ancienneté et de congès supplémentaires sont particulièrement attaquées.

Citons: <<...on pense toujours en termes de possesseur ou non d’un certain diplôme et non en termes d’emploi et d’activités. Or n’est-ce pas la loi qui précise « à travail égal, salaire égal?>>
La question de la formation qu'implique le diplôme n'est pas abordée et le critère "travail effectué" serait l'introduction possible d'emplois non qualifiés.

<< Nous proposons donc de définir les rémunérations sur la base des emplois occupés. Et qui peut mieux définir ses emplois que chacune des associations ?>> N'est-ce pas ouvrir les portes de l'arbitraire ?

<<...le poids de l’ancienneté pèse sur les augmentations de la valeur du point. De ce fait, les salaires sont de moins en moins attractifs, notamment pour les jeunes, par ailleurs de plus en plus qualifiés.>>
L'ancienneté présentée comme responsable de la faible augmentation du point et de la moindre rémunération des jeunes !
La question de l'expérience n'est pas évoquée.

<<...Pourquoi les professionnels qui assurent l’accompagnement de personnes handicapées adultes ne bénéficient-ils pas de congés trimestriels ? Cette inégalité s’accroit avec l’ancienneté qui pèse déjà sur la rémunération. Quel sens donner aujourd’hui à ces jours de congés supplémentaires créés à une époque où les internats étaient nombreux et où la durée du travail n’était pas de 35 heures ?>>
Ces 35 heures, certains ne les ont pas digérées. Il faudrait donc revenir à quelques décennies en arrière...!
Quel sens donner à ces congès? Il faut que ce soit quelqu'un qui n'est pas au contact quotidien des populations reçues dans les institutions pour poser une telle question.

........

Et tout cela pour s'adapter aux <<iniatives>> du gouvernement actuel:

<<-
fin de l’opposabilité des conventions collectives, effective déjà sur certaines activités, et menaces réelles sur d’autres,
- organisation d’appel à projets et d’appels d’offres, et donc de la concurrence entre associations, voire celle avec le secteur lucratif marchand, en vue d’une plus grande maîtrise des coûts,
- incitation aux regroupements d’associations et de la concentration du secteur, en vue d’économies d’échelle,
- réforme de la régulation avec le projet des Agences Régionales de Santé.>>
(sic)


 

22 février 2009. Il semble que la mobilisation ait eu un effet positif: les négociations seront étalées sur plusieurs mois et les syndicats employeurs ont accepté le terme "amélioration" (de la convention) et l'abandon de celui de "rénovation".
Il est en outre apparu que des directeurs généraux et des présidents d'associations n'auraient pas été mis au courant du texte présenté en décembre par les syndicats employeurs. Certains d'entre eux ont envoyé des lettres de protestation et avancé les mêmes critiques que les salariés.
La vigilance est toutefois nécessaire.

<<Le SNALESS pourrait-il être plus clair ?

En quoi la Convention actuelle empêche-t-elle le respect de la loi 2005 ?

Qu’entend-il par "véritable capacité de gestion des ressources huamines" ?

Comment envisage-t-il de mieux prendre en compte, comme il le souhaite, les compétences et l’engagement des personnels ?

Le SNALES différencie "niveau de qualification" et "compétences". Est-ce à dire que la compétence est dans cette perspective séparée du diplôme obtenu ? Et qui, alors, jugera de ladite "compétence" ?

Si les syndicats employeurs veulent faire "une large place au dialogue social", pourquoi présenter une proposition si "régressive" socialement et déjà élaborée ?

Pourquoi "l’ensemble du secteur est en danger si rien ne change" ?

En résumé, il serait intéressant d’en savoir davantage sur les motivations précises des syndicats employeurs, autrement dit qu’ils disent explicitement ce qu’ils attendent : de la baisse de salaire des personnels sur l’ensemble de leur carrière ; de la suppression des jours trimestriels et des jours d’ancienneté ; de la suppression du paiement des trois premiers jours de maladie... etc... puisqu’il parait qu’il ne s’agirait pas de faire des économies !>>

25 janvier 2009: justement cela devient plus explicite, à lire, sur le site "Partenariat SOP-SNASEA
", la tribune écrite avant-hier 23/01 par le Directeur Général du SOP et le Directeur Général Adjoint du Snaséa:

<<Les attentes et les besoins des usagers ainsi que la nature des prises en charge ont profondément modifié le contexte d'exercice [des] missions [de notre secteur]. Ces changements questionnent la pérennité et la spécificité des services et des établissements du secteur à but non lucratif, au moment même où les services à la personne sont en pleine expansion.

Ajoutons à ces évolutions la tendance indiquée par les réformes administratives en cours, les fortes incitations de l’État au regroupement des associations dans le cadre d’une «rationalisation des moyens», la crise économique et la rigueur budgétaire chez tous les financeurs, la mise en concurrence par la pratique d’ « appel d’offres » ou d’appel à projets et la sélection sur la base du rapport qualité/coût…
(c'est moi qui souligne)
Dans ce contexte, c’est la question de la survie du secteur sanitaire, social et médico-social et de ses valeurs qui se pose. Les valeurs du secteur – solidarité, citoyenneté, respect et dignité de la personne – se déclinent notamment dans la gestion des ressources humaines.
>>!!!!!!!!!!!!!

JANVIER 2009

 

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