Hommage à Françoise CARON

 

Françoise CARON, membre du Syndicat National des Psychologues, militante de longue date pour la défense de la profession de psychologue, est décédée le 30 janvier 2014.

On trouvera l'avis de décès sur le site du SNP.

Elle fut Maître de Conférence à l'Université de Provence d'Aix-Marseille 1, et c'est là que je l'ai connue, lors de jurys de soutenance de Masters en psychologie clinique, pour les étudiants dont j'avais supervisé le stage dans les institutions où je travaillais.

Une sympathie s'était établie entre nous en raison d'un intérêt commun pour les dynamiques institutionnelles dans le secteur médico-social, et de l'influence qu'avaient eu sur nous les travaux de René Kaës.

Elle m'avait accordé le privilège de participer à un numéro spécial de la revue Psychologues et Psychologie (n° 141, janvier-février 1998) intitulé Les psychologues et les Institutions, dans lequel on peut trouver trois articles par elle écrits: "Peut-on prétendre instaurer un espace de travail clinique sans se préoccuper du fonctionnement des collectifs?", "Les fonctions des psychologues dans les institutions" et "De l'espace transitionnel dans les institutions soignantes. Conclusions provisoires".

Ce dernier texte était repris de sa thèse de doctorat (qu'elle avait eu l'amabilité de me prêter) soutenue en 1982 sous la direction de René Kaës: "De l'espace transitionnel dans les institutions soignantes: processus et fantasmes de leur création".

Avant d'enseigner à l'Université, Françoise Caron avait travaillé en psychiatrie adulte et infanto-juvénile, avait fondé un Club de Post-cure pour adultes psychotiques, ainsi qu'un Hôpital de Jour pour adolescents lycéens entrant dans la psychose (Hôpital de Jour dont elle fut directrice pendant 8 ans).

A la faculté, elle organisait, en milieu d'année universitaire, une réunion (un point d'étape, dirait-on aujourd'hui) avec ses étudiants de Master et les psychologues praticiens responsables de stages, qui permettait de mettre à jour et éventuellement d'atténuer les difficultés que pouvaient rencontrer ces étudiants sur leur lieu de stage.

Je fus témoin, durant ces réunions et lors des soutenances, de l'intérêt qu'elle portait à ses étudiants, quitte à les "secouer" si besoin; intérêt qu'elle maintenait par la suite quant à leur devenir professionnel.

La formation des psychologues fut en effet une des ses préoccupations essentielles.
On peut à ce sujet trouver sur internet un de ses articles (issu d'un ouvrage collectif de 2007, La formation professionnelle et les fonctions du psychologue clinicien, éditions L'Harmattan): "Quelles leçons tirer des projets récents des pouvoirs publics pour nos formations en clinique?"

 

Maurice Villard

Février 2014

 

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