Regards sur le handicap
(Journal des psychologues, n°304, février 2013)

Plusieurs auteurs ayant participé à ce dossier abordent la question des personnes trisomiques.

- Dans le cadre d’une recherche qui se déroule depuis 1990 sous la direction de Jean-Sébastien Morvan, professeur émérite de l’Univesité Paris-Descartes, ont été étudiées l’évolution, l’adaptation et l’intégration de ces personnes.
Sont présentées notamment dans ce numéro les perceptions de neuf femmes et trois hommes âgés de 30 à 38 ans, en situation d’insertion professionnelle (stages en restauration, maisons de retraite, commerces, milieu scolaire, poste...).

Concernant leur vie personnelle:

- Natahalie Auguin-Ferrere, psychologue de l’enfance et de l’adolescence, fait part des résultats de sa thèse sur “liens familiaux et socialisation de l’adolescent trisomique 21 scolarisé”, à partir de l’écoute de 13 adolescents et jeunes adultes (14 à 20 ans) et de leurs parents.

Voici les points qui m’ont paru importants:

- Denis Vaginay, docteur en psychologie clinique, consacre un article à “Sexualité et handicap: un défi social”.
Il rappelle que c’est avec l’apparition du sida que l’intérêt pour la sexualité des personnes handicapées a pris de l’ampleur.
La loi française, dit-il, stipule que <<nul ne peut interférer dans les choix relationnels de quiconque>> et l’ONU précise que <<les Etats doivent promouvoir des mesures visant à modifier les attitudes négatives, encore courantes dans la société, à l’égard du mariage, de la sexualité et de la procréation des handicapés, notamment des jeunes filles et des femmes souffrant d’incapacités.>>
Il ajoute que <<la Cour européenne des droits de l’homme s’est prononcée sur l’impossibilité d’interdire des relations sexuelles dans un lieu de vie...>>(pour adultes).
D.Vaginay observe cependant que cet interdit est encore fréquent, de manière au moins tacite, particulièrement pour les personnes présentant un handicap mental.
Outre certaines craintes fantasmées, deux difficultés principales se présentent en effet aux accompagnateurs:
celle d’affronter la question de leur propre jouissance dans la mesure où ils auraient à intervenir pour autoriser ou favoriser les relations sexuelles; et celle du consentement éclairé.
Les personnes dites déficientes intellectuelles sont en effet généralement considérées comme suggestibles, vulnérables et incapables de consentir ou de refuser en toute indépendance.
La propension à considérer ces adultes comme des mineurs tend donc à se maintenir.

- Sous le titre “La relation amoureuse. Favoriser l’accompagnement”, Audrey Swartenbroekx, psychologue, propose justement un outil pour aborder, sans intrusion, les questions de sexualité avec les adultes handicapés mentaux.
Associant images et entretien, cette praticienne cherche à répondre aux questions suivantes:
<<quelles sont les notions de cette personne sur la relation amoureuse ? la sexualité ?
quels sont les souhaits, désirs, de cette personne par rapport à la relation ?
quelle est sa capacité d’exprimer son consentement et d’entendre et accepter celui de l’autre ?
>>

 

Maurice Villard
février 2013

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On peut consulter aussi sur le présent site:

ma note de lecture sur l'ouvrage "Handicap, identité sexuelle et vie sexuelle"

le compte rendu d'Aline André sur le colloque "Vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap"

les résultats en 2003 d'une "enquête internationale sur les attitudes à l'égard des personnes présentant un handicap intellectuel"