HOMMAGE A REGIS HENRY

 

Mon ami Régis Henry est décédé le 8 février 2011 de ce que l'on a coutume d'appeler une longue maladie.
Il avait écrit sur le présent site un long témoignage concernant le Professeur Georges Noizet et une note de lecture sur le livre de Richard Rhodes, "pourquoi ils tuent?".


J'ai connu Régis à la Faculté d'Aix-en-Provence et nous avons travaillé ensemble durant une partie de nos études, en particulier pour la préparation des Certificats de psychophysiologie et de psychologie expérimentale. Nous étions, lors des Travaux Pratiques de la Fac de Saint Jérôme à Marseille, tour à tour expérimentateur et sujet, cette dernière place étant par lui occupée pour des expérimentations (comme l'électrocardiogramme ou la réponse électrodermale) où son calme extrême permettait d'obtenir des résultats facilement exploitables.

Après la licence, il s'orienta vers un doctorat en psychologie expérimentale et commença la préparation d'une thèse en psycholinguistique avec Georges Noizet.
Au moment du service militaire et jeune marié, il partit au Canada dans le cadre de la coopération et y resta ensuite, continuant sa thèse sur "l'écoute dichotique, la perception du seuil différentiel de la durée, et l'asymétrie fonctionelle", à l'Université de Victoria, en Colombie Brittanique, avec comme tuteur le professeur Franck Spellacy. Il la soutiendra à Aix en juillet 1982 avec pour jury Georges Noizet (comme directeur de thèse) et Claude Bastien, du département de psychologie, ainsi que Mario Rossi du département de phonétique. Il obtiendra la mention Très bien.

Au Canada, Régis a d'abord enseigné la psycho dans une université de Regina, au début des années 70, Université dont il gardait un mauvais souvenir. Puis, avec sa femme et ses deux enfants, il s'installa définitivement à Victoria qu'il décrivait comme véritable paradis. Il y sera, successivement ou en même temps: professeur de psychologie pour la police montée, conférencier pour une radio, critique de films pour un journal, photographe... pendant que son épouse gardera son poste de professeur de français.

Tout début 2001, il trouve mon adresse par internet et nous n'avons pas cessé dès lors de correspondre.
Je ne l'ai pas su tout de suite mais je crois que sa santé n'était déjà pas très bonne à ce moment là. Il restait chez lui et avait entrepris l'écriture d'un roman dont il me parla souvent et qu'il ne put mener à terme. Il traduisit pour mon site un certain nombre d'articles et d'"abstracts" sur l'autisme, sujet qui l'intéressait mais dans une perspective plutôt neurocognitiviste.
Sa mémoire était remarquable, capable qu'il était, lorsque je l'informai aller en voyage à tel ou tel endroit où il était passé près de quarante ans en arrière, de me dire ce qu'il y avait d'intéressant à voir. L'internaute pourra avoir un aperçu de cette mémoire en lisant son témoignage sur G.Noizet , lequel est également un document sur l'ambiance universitaire de l'époque.

Nous avions pris des orientations différentes après la licence, lui en psychologie expérimentale (on dirait aujourd'hui "cognitive") et moi en psychologie clinique.
Nos échanges réguliers grâce à internet, hebdomadaires ou bi-hebdomadaires, n'en furent que plus enrichissants, et jamais conflictuels. Cela tient bien sûr à notre amitié du temps de nos études mais aussi à l'influence qu'avait eu sur tous deux Georges Noizet. Comme je l'avais dit sur la page que je lui ai consacré, ce dernier était certes chercheur en psychologie de la "cognition" (perception et psycholonguistique) mais était en même temps, en tant qu'ancien professeur de philosophie, d'un grand éclectisme et l'inverse d'un dogmatique.

Régis, je penserai souvent à toi, comme à bien d'autres qui déjà s'en sont allés.
Sur la mort on ne peut rien, c'est banalité de le dire, mais je ne crois pas qu'on s'y fasse.

Maurice
Février 2011

 

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