Enquête internationale sur les attitudes à l'égard des personnes présentant un handicap intellectuel

 

Cette enquête a été rapportée le 21 juin 2003 sur le site "Special Olympics".
Ce texte étant en anglais, j'en présente ci-dessous une version française.
Je remercie Régis Henry de m'avoir aidé à effectuer cette traduction.

 

<< Selon une étude internationale novatrice, les préjugés constituent l'obstacle le plus important à une meilleure qualité de vie pour les personnes présentant un handicap intellectuel.

L'étude commandée par les Jeux olympiques spéciaux confirme le long travail à faire pour changer les attitudes de stigmatisation et l'importance de l'intégration.

Durant des décennies, beaucoup ont pensé que les portes ouvrant la voie à l'intégration au sein de la société des personnes ayant un handicap intellectuel étaient verrouillées en raison des idées fausses, de l'ignorance et de la crainte. Ces suppositions sont maintenant validées par une étude innovatrice publiée aujourd'hui par le comité des Jeux Olympiques Spéciaux.

Résultats d'une vaste étude internationale qui, pour la première fois, montre comment la population dans son ensemble, à travers des cultures différentes, perçoit les personnes handicapées intellectuelles et comment celles-ci doivent s'intégrer à la société - Perception ayant des conséquences négatives importantes pour plus de 170 millions d'individus intellectuellement handicapés, dans le monde entier. L'étude a été conduite dans 10 pays à travers le monde, avec 8.000 réponses.
Le vendredi 20 juin, à Belfast, en Irlande du Nord, "l'Étude Multinationale d'Attitudes à l'égard des Individus avec Handicaps Intellectuels" a été présentée dans le cadre du Symposium Scientifique 2003, tenu en collaboration avec les Jeux olympiques Spéciaux 2003 pour les Jeux d'été mondiaux.

Points essentiels des Résultats:

* 46 pour cent des gens interrogés croient que les personnes présentant un handicap intellectuel sont capables de jouer dans une équipe avec d'autres personnes ayant également un handicap intellectuel; tandis que seulement 14 pour cent croient qu'ils sont capables de jouer dans une équipe avec des joueurs qui n'ont pas de handicap intellectuel. Cependant, les personnes interrogées impliquées dans les Jeux olympiques Spéciaux croient à une plus grande possibilité d'intégration et s'attendent à moins d'impacts négatifs de l'intégration, dans les différents secteurs de la société, des handicapés intellectuels.
* 53 pour cent croient que les attitudes négatives des autres - leurs voisins - constituent aussi un obstacle majeur à l'intégration.
* 74 pour cent des questionnés estiment que les handicapés intellectuels sont capables d'une relation simple comme entretenir une amitié.
* 67 pour cent croient que les handicapés intellectuels peuvent se laver et s'habiller.
* Mais seulement 36 pour cent des personnes interrogées les croient capables de tâches plus complexes, comme le fait de comprendre les nouvelles.
* Et seulement 19 pour cent pensent que les personnes handicapées intellectuelles pourraient faire face à une situation d'urgence.
* De plus, 79 pour cent des personnes interrogées considèrent que les enfants handicapés intellectuels doivent être instruits séparément, à la maison ou dans des établissements spécialisés; les autres pensent qu'ils doivent être dans les mêmes écoles que les autres enfants, dans des classes spéciales ou des classes intégrées.
* 54 pour cent croient que l'intégration de handicapés intellectuels sur un lieu de travail augmente le risque d'accidents.
* 49 pour cent des personnes interrogées croient que la meilleure façon de vivre pour les handicapés intellectuels est à la maison; 9 pour cent pensent que c'est en institution, 17 pour cent en foyer; et seulement 25 pour cent estiment que les personnes qui ont un handicap intellectuel devraient vivre en appartement, supervisés ou totalement indépendants.

"Alors que les résultats de cette enquête ne sont pas surprenants pour ceux d'entre nous qui ont l'expérience du travail et / ou de la vie avec des personnes ayant un handicap intellectuel, nous sommes encouragés par les résultats qui révèlent que ceux qui s'impliquent dans les Jeux olympiques Spéciaux ont une attitude plus positive envers ces personnes," a dit le Président des Jeux olympiques Spéciaux, Timothy Shriver. "Franchement parlé, ces résultats sont inacceptables. Mais, ils renforcent notre résolution d'étendre l'expérience des Jeux olympiques Spéciaux à de nouvelles générations d'athlètes et de volontaires à travers le monde entier. Notre espoir le plus grand est que cette étude servira de catalyseur pour un changement réel et durable des attitudes du public envers l'intégration des handicapés intellectuels dans chaque secteur de la société et dans chaque pays de la planète."

De façon générale l'enquête montre que la population a une mauvaise appréciation de l'étendue des capacités des personne ayant un handicap intellectuel et ont donc des attentes réduites quant à ce que ces derniers peuvent accomplir. L'étude a aussi révélé que l'on croit toujours que les handicapés intellectuels doivent travailler et apprendre dans des lieux séparés, à l'écart des gens sans handicap. Il est très important que les résultats soient situés dans un contexte mondial, valeurs culturelles et pratiques variant d'un pays à l'autre. En effet, les comparaisons de pays à pays sont peu susceptibles de donner une représentation précise des attitudes véritables.

Le but de "l'Étude Multinationale d'Attitudes à l'égard des Individus avec des Handicaps Intellectuels" était d'appréhender, dans le monde entier, le niveau d'acceptation des personnes handicapées intellectuelles. L'étude portait en particulier sur: comment la population perçoit les capacités de ces personnes; le niveau de leur capacité à employer leurs ressources dans des milieux intégrés; et plus précisément, jusqu'à quel point le citoyen moyen pense qu'elles doivent être intégrées dans la société de tous les jours.


Nous espérons que cette enquête stimulera individus, familles, éducateurs, jeunes gens, professionnels de la santé, employeurs, fournisseurs de services, organisateurs sportifs, chefs de gouvernement, afin de promouvoir l'intégration des personnes handicapées intellectuelles dans chaque secteur de la société. Il est suggéré: plus de volontariat dans les groupes / organisations s'occupant de handicapés intellectuels, le repérage et la suppression des attitudes erronées à l'égard de ces personnes et une meilleure éducation dans tous les secteurs de la société quant aux capacités réelles que possèdent les personnes présentant un handicap intellectuel.

Commandée par les Jeux Olympiques Spéciaux, l'étude, qui a duré deux ans et qui fut dirigée par le docteur Gary Siperstein de l'Université du Massachusetts à Boston, est la plus vaste et la plus complète jamais conduite sur ce sujet, rapportant comment les gens à travers le monde voient les rôles et les capacités des personnes handicapées intellectuelles, sur le lieu de travail, en classe et dans la vie de tous les jours. Les résultats aideront les chercheurs ainsi que les profanes à mieux comprendre et à avoir une conscience précise des perceptions et des attitudes négatives du public contre lesquelles luttent chaque jour des millions de personnes handicapées intellectuelles.

"En exposant les croyances souvent latentes des gens ordinaires envers des personnes handicapées intellectuelles, scientifiques, éducateurs, personnels des services sociaux, parents, amis et beaucoup d'autres seront mieux préparés pour combattre les stéréotypes négatifs présentés par cette recherche. Ils seront aussi mieux préparés pour encourager et renforcer les croyances positives," a dit le docteur Siperstein. "Il est frappant que, comparées au grand public, les personnes appartenant à la communauté des Jeux Olympiques Spéciaux aient des attitudes beaucoup plus positives vis-à-vis des capacités des handicapés intellectuels et de leur intégration dans la société."

"L'un des plus grands défis, auquel doit faire face une personne handicapée intellectuelle, est le fait de surmonter les obstacles pour s'intégrer dans la société." a dit Shriver. "Depuis de nombreuses années, les athlètes, les volontaires, et les membres de la communauté des Jeux Olympiques Spéciaux savent que les attitudes et les attentes du public déterminent le niveau que peuvent atteindre les enfants, les adolescents et les adultes handicapés intellectuels pour apprendre, travailler et vivre aux côtés de leurs pairs sans handicap intellectuel. Par cette étude, nous avons maintenant une confirmation scientifique probante de ce que nous pensions depuis longtemps."

L'étude a révélé l'existence incontestable d'attitudes négatives - à la fois dans et pour tous les pays étudiés - envers les personnes handicapées intellectuelles. Elle montre aussi le rapport entre les attitudes du public à l'égard du handicap intellectuel et les pratiques, variables selon les pays, affectant la qualité vie de ces personnes. Les attitudes, les croyances et les attentes sont, en partie, influencées par les normes culturelles, les valeurs et la variété des ressources et services disponibles.


Vue d'ensemble des Résultats :

Éducation :

* 78 pour cent croient qu'un manque d'équipement scolaire est un obstacle majeur à l'intégration des personnes handicapées intellectuelles à l'école.
* 78 pour cent croient que le manque de formation des enseignants est un obstacle majeur à l'intégration des handicapés intellectuels à l'école.
* 66 pour cent croient que les attitudes négatives des autres élèves représentent un obstacle essentiel à l'intégration à l'école.
* 53 pour cent croient que les personnes handicapées intellectuelles sont un risque pour la sécurité des autres élèves en classe.
* 53 pour cent croient que l'intégration des personnes handicapées intellectuelles dans des écoles ordinaires empêchera les autres élèves d'étudier.
* 53 pour cent croient qu'avoir des enfants handicapés intellectuels dans une salle de classe ordinaire créera probablement des problèmes de discipline.

Emploi :

* 76 pour cent croient que le manque de programmes de formation au travail pour les personnes ayant un handicap intellectuel est un obstacle majeur à leur intégration dans le monde du travail.
* 61 pour cent croient aussi que les attitudes négatives des autres ouvriers est un obstacle majeur quant à leur intégration sur un lieu de travail.
* 51 pour cent des personnes interrogées croient que les personnes avec handicap intellectuel doivent avoir un emploi, qualifié ou non; le reste des personnes croit qu'ils ne doivent pas travailler, ou travailler dans un atelier spécial.
* 50 pour cent croient que l'intégration réduira aussi la productivité des autres ouvriers.


Communauté :

* 67 pour cent pensent que les croyances du public au sujet des limitations des personnes handicapées intellectuelles à interagir avec le public constituent un obstacle majeur pour leur intégration dans la société.

Sport :

* 46 pour cent des gens interrogés croient que les personnes avec handicap intellectuel sont capables de jouer dans une équipe constituée d'autres handicapés intellectuels; tandis que seulement 14 pour cent croient qu'ils sont capables de jouer dans une équipe avec des joueurs qui n'ont pas de handicap intellectuel.

Soins :

* 27 pour cent croient que les personnes ayant un handicap intellectuel reçoivent de meilleurs services médicaux que le reste de la population, tandis que 39 pour cent croient qu'ils reçoivent le même traitement, et 34 pour cent croient qu'ils reçoivent un traitement moins bon.


Représentation dans les Médias :

* 54 pour cent croient que les représentations négatives, par les médias, des personnes handicapées intellectuelles représentent un obstacle majeur pour leur intégration dans la société.

Sur chaque continent, l'enquête montre que chacune des images relatives aux personnes handicapées intellectuelles affecte la façon dont les personnes interrogées estiment le degré de leur intégration dans la société. Une découverte curieuse est que la plupart des personnes interrogées croient que ce sont les attitudes des autres personnes vis-à-vis des handicapés intellectuels - et non nécessairement les leurs - qui affectent leur intégration. Cela a été trouvé dans les réponses des personnes interrogées dans les trois secteurs étudiés : travail, école, communauté. Ils estiment aussi que le manque de ressources a affecté l'intégration dans ces trois secteurs.

"Les résultats de cette enquête démontrent que tandis qu'il y a eu quelque progrès dans le changement de perception du public sur les capacités des personnes ayant un handicap intellectuel, il y a toutefois encore beaucoup de travail à faire. Les Jeux Olympiques Spéciaux continueront à être au premier rang pour promouvoir ce changement, en aidant les personnes handicapées intellectuelles à mieux faire l'expérience de la vie et de la joie du sport," a dit Shriver.
"Nous continuons à pousser les éducateurs, les employeurs, les professionnels des services médicaux et le public en général - dans le monde entier - à introduire de nouvelles mesures pour l'intégration de ces personnes et, une fois pour toutes, à dissiper les mythes entourant leurs capacités," a-t-il ajouté.

Au Sujet de l'Étude :

Les Jeux Olympiques Spéciaux et le Centre pour le Développement Social et l'Éducation ont collaboré avec la compagnie Gallup, la Recherche et les Services d'Évaluation de l'Irlande du Nord et le Centre de Recherche des Enquêtes, pour la création de l'enquête. Elle a été conduite dans 10 pays : le Brésil, la Chine, l'Égypte, l'Allemagne, le Japon, le Nigeria, la République d'Irlande, la Russie, le Royaume-Uni (l'Irlande du Nord) et les États-Unis. L'échantillonnage du public fut fait de façon aléatoire et les personnes interrogées ont été choisies soit à l'échelle du pays ou au niveau des villes sélectionnées. La taille approximative de l'échantillon fut de 800 personnes prises dans le grand public de chaque pays et de 200 personnes sélectionnées parmi des échantillons appropriés de membres de la communauté des Jeux Olympiques Spéciaux, au Japon et aux États-Unis. L'enquête a été effectuée par téléphone ou au cours d'entrevues en face à face. La marge d'erreur est de plus ou moins trois pour cent. >>

 

Special Olympics

21 juin 2003

 

 Haut de page

Accueil       Autre article